Mandat présidentiel : le référendum n’est une option mais une obligation selon la Constitution

Entre les partisans du recours au référendum et les adeptes de la voie parlementaire, le débat relatif à la réduction du mandat présidentiel de 7 à 5 ans ne doit laisser place à aucune approximation. En effet, l’enjeu de cette réforme étant crucial pour le devenir de la démocratie sénégalaise, il est primordial que tous les citoyens soient édifiés sur les modalités d’un tel processus. Pour ce faire, il n’y a pas mieux que de retourner à la source, celle qui indique la marche à suivre, à savoir la Constitution, Charte suprême.

Du titre III de la Constitution de la République du Sénégal du 22 janvier 2001 (telle que modifiée par la Loi constitutionnelle n° 2008-66 du 21 octobre 2008) intitulé « Du Président de la République », l’article 27 dispose : « La durée du mandat du Président de la République est de sept ans. Le mandat est renouvelable une seule fois. Cette disposition ne peut être révisée que par une loi référendaire ».

Il n’y a aucune interprétation possible sur cet article de la Loi fondamentale sénégalaise. Qu’il soit traduit en anglais, en chinois,  en patois, ou en wolof, l’article 27 de la Constitution pose deux principes essentiels, à savoir que d’une part la durée du mandat présidentiel est expressément définie ainsi que le nombre de mandats qui ne peut excéder deux ; et d’autre part que les modalités de révision de cette disposition ne peuvent s’effectuer que par voie référendaire. La rédaction de l’article 27 de la Constitution est claire, nette et précise : « Cette disposition ne peut être révisée….. que par une loi référendaire » signifie que hormis le référendum,  tout autre mode de révision est exclu. Du point de vue de la Constitution, seule une loi référendaire est légale pour réviser cette disposition.

Intéressons-nous maintenant à l’esprit de cet article 27 pour comprendre pourquoi il ne privilégie pas la voie législative. La raison est simple : la Constitution s’est « auto verrouillée », « auto protégée » pour éviter qu’à un instant T, une majorité mécanique à l’assemblée nationale, mue par des desseins obscurs, ne soit tentée de procéder à un tripatouillage concernant un point essentiel de la Loi fondamentale. En demandant de façon explicite le recours direct au peuple pour réviser les dispositions relatives à l’article 27, la charte suprême réunit deux conditions : une condition de légalité et une condition de légitimité incontestable (démocratie directe), conférant à cette loi un caractère solennel.

Au vu des principes énoncés plus haut, on peut, sans risque de se tromper, affirmer qu’un éventuel passage à l’assemblée nationale pour réduire le mandat présidentiel constitue une violation flagrante de la Constitution. Aussi bien au niveau de la lettre que de l’esprit.

Dans un débat épique en 2008 avec le pouvoir de l’époque, deux éminents constitutionnalistes (Ismaëla Madior Fall et le Professeur Boubacar Gueye) s’étaient prononcés sur le projet de loi constitutionnel portant modification de l’alinéa 1 de l’article 27 de la Constitution, faisant passer le mandat du Président de 5 à 7 ans.  Se basant sur la Constitution, Ils excluaient toute possibilité de recours à la voie parlementaire. Afin que nul n’en ignore, nous reprenons in extenso leurs propos d’une portée historique indéniable.

Mr Ismaëla Madior Fall soutenait alors la thèse suivante: « Lorsqu’un texte finit d’exposer une disposition, c’est-à-dire une norme ou des règles et prévoit que cette disposition (c’est-à-dire en l’occurrence la fixation de la durée du mandat et la limitation des mandats à deux) ne peut être révisée que par une loi référendaire, il n’y a place à interprétation, même pour les exégètes les plus passionnés….. Et MrIsmaëla Madior Fall de poursuivre …aussi bien la modification de la règle du quinquennat que celle de la clause limitative du nombre de mandats présidentiels requièrent la consultation du peuple sénégalais, seul habilité à en décider par le biais d’un référendum ». Avec cet avis juridique datant de 2008, Mr Ismaël Madior Fall vient de trancher définitivement la question, à savoir que l’actuel Président Macky Sall ne pourra en aucune façon recourir à la voie parlementaire pour la réduction de son mandat. Une consultation directe du peuple est donc obligatoire.

Mais le mieux est à venir, et c’est le Professeur Boubacar Gueye agrégé de Droit constitutionnel, un des rédacteurs de la Constitution de 2001 qui va enfoncer le clou par ces termes : « lors de la rédaction des textes, nous avions estimé devoir ne pas faciliter des révisions intempestives de la Constitution sur des points essentiels. C’est pourquoi nous avions mis noir sur blanc, en particulier, que toute modification de la durée du mandat du président de la République ne serait possible que par le référendum ». Et d’ajouter en substance « l’esprit de la loi, c’est d’éviter une  personnalisation du pouvoir ».

Avec ces deux avis concordants, les constitutionnalistes Mr Ismaëla Madior Fall et le Professeur Boubacar Gueye viennent de clore le débat et de baliser la voie pour la réduction du mandat présidentiel : le référendum n’est pas une option, mais une obligation constitutionnelle. S’il s’agissait d’une option, l’article 27 serait écrit en ces termes « Cette disposition peut être révisée par une loi référendaire ou par….. ». Ce qui a fait dire à Ismaëla Madior Fall « que même les exégètes les plus passionnés ne peuvent nier l’évidence de la clarté de cette disposition». On peut retourner les mots dans tous les sens : vert, c’est vert.

Au vu des éléments précités, il en ressort que le débat sur une éventuelle saisine de l’assemblée nationale sur cette question n’est en réalité qu’un faux débat.

En parcourant méthodiquement les 108 articles de la Constitution sénégalaise du 22 janvier 2001 modifiée, on n’y trouve nulle trace d’un article qui dispose « que les dispositions relatives à la durée du mandat présidentiel peuvent être révisées par le Parlement ». Le pendant de l’article 27 n’existe pas. Diantre, où est ce qu’ils sont allés chercher ça? Les adeptes de la voie parlementaire pourraient-ils éclairer la lanterne des sénégalais en citant l’article y faisant référence dans la Constitution, à supposer qu’il existe ? Cherchent-ils à gagner du temps, à différer le plus longtemps cette réforme selon le principe de l’endormissement? N’est-il pas temps de s’interroger sur toutes les justifications de nature artificielle, qui retardent le processus (Acte III de la décentralisation, élections locales et que sais-je encore?). La question étant désormais tranchée d’un point de vue juridique par deux Constitutionnalistes réputés, quatre facteurs militent en faveur de la réduction du mandat, à court terme, par le biais d’un référendum :

Primo : le respect par le Chef de l’Etat de son engagement solennel. Dans l’émission « Questions directes » en date du 20 janvier 2014, diffusée sur la chaîne TFM, Maître Mame Adama Gueye assimilait un éventuel revirement du Président sur la réduction du mandat à une « tromperie politique » et alertait ce dernier sur les « risques induits » par une telle décision. Tout en sachant que le référendum est la seule voie indiquée, Maître Mame Adama Gueye tendait néanmoins la perche au pouvoir sur le choix de la voie parlementaire, à une seule et unique condition : « que la majorité soit absolument assurée pour l’adoption de la réforme». Enfin, il rappelait le rôle joué par le M23 pour « fédérer en une semaine, tous les indécis », après que le candidat Macky Sall ait pris l’engagement de réduire son mandat.

Secundo : le respect intégral de l’esprit et de la lettre de la Constitution (cf l’article 27 qui ne laisse place à aucune ambigüité sur le mode de révision de la durée du mandat présidentiel),

Tierto : la garantie d’une cohérence. En effet, l’article 60 de la Constitution de 2001 modifiée dispose que « Les députés à l’Assemblée nationale sont élus au suffrage universel direct. Leur mandat est de cinq ans ». La logique voudrait que les élections législatives de 2017 soient couplées aux présidentielles de 2017, avec l’effectivité de la réduction du mandat. Vouloir convoquer les électeurs sénégalais 2 ans après des législatives, dans l’hypothèse d’un WAKH WAKHEET (en 2008,  Mr Mounirou  Sy disait « en droit, un dédit est considéré comme une forme de crime de parjure, c’est-à-dire à la fois un faux serment et une violation du serment ») serait insensé et conduirait sans aucun doute à une impasse institutionnelle, avec une possible cohabitation, et un Président dépouillé d’une partie de ses prérogatives, mis à part le domaine réservé « Défense, politique étrangère ». Sans évoquer tous les risques associés que l’ancien Président Abdoulaye Wade a payé au prix cher.

Quarto : l’enjeu porte sur la nécessaire modernisation des institutions, car Il faut éviter que le Sénégal soit à nouveau dans l’œil du cyclone, comme ce fut le cas en 2011. En vérité, cette réforme s’inscrit dans l’esprit de la Constitution instaurant le quinquennat, dont les Constitutionnalistes dessaisissaient le parlement pour toute modification de l’article 27.

De Moustapha Cissé Lô à Jean Paul Dias, en passant par Abdoulaye Matar Diop, les nombreux ballons de sonde lancés auprès de l’opinion, visant à justifier le maintien de l’actuel mandat du Président à 7 ans (ou à privilégier la voie parlementaire avec une claire répartition des rôles : Le Président est « POUR » ; ses partisans sont « CONTRE ») se succèdent à un rythme soutenu, mais se heurtent au désir profond des sénégalais.

En dépit de l’élaboration de nouveaux éléments de langage visant à inscrire dans l’imaginaire des sénégalais une date postérieure à 2017, une large majorité de citoyens est acquise à l’idée que les élections présidentielles se dérouleront en 2017. Le référendum permettra sans conteste, de mesurer à quel point cette réforme est attendue par les sénégalais.

Seybani SOUGOU

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Le Président Macky Sall, un accident de l’histoire politique du Sénégal !

Un peuple impuissant est un peuple sans espoir ; les gens désespérés deviennent irrationnels par conséquent  peuvent avoir des comportements  désastreux pouvant affecter la marche d’un pays ou encore contribuer son instabilité.
Le peuple sénégalais en Mars 2012  était  animé d’un grand espoir en élisant Macky Sall. Aujourd’hui ce même peuple crie son désespoir  timidement à travers les  émissions « wax sa xalaat » « point de vue  » et ne cesse de dénoncer les scandales du régime de Macky Sall et de ses promesses non tenues à savoir:
-    A la place d’une Assemblée Nationale de rupture c’est une Assemblée qui déteste la transparence refusant que l’ARMP fouille sur sa gestion.
-    La crise de l’eau et les délestages intempestifs de l’électricité encore présent.
-    A la place de la bonne gouvernance c’est la prolifération des décrets d’avance des marchés de gré à gré, encouragée par le Président lui-même quand  il considère que le code de procédure de passation  des marches publiques est trop compliqué pour être suivi.
-    Les inondations et le chômage sont toujours à l’ordre du jour.
-    L’absence de dialogue politique et social.
-    L’impasse sur la traque des biens supposés mal acquis (plus d’un an d’enquête sans un seul jugement)
-    La couverture de maladie universelle  lancée en grand pompe mais cachant des
      Non-dits (qui ne se limitent qu’à la consultation sans une prise en charge totale du patient)
-    Le projet de report des élections locales par Mme le Premier Ministre pour des raisons de politique politicienne, une violation flagrante du calendrier républicain.
Face à tout cela le pouvoir fait la sourde oreille avec la complicité du silence de certains hommes politiques membres de BBY. Au regard de cette situation, on pourrait bien se demander si  le principal problème du Sénégal n’est pas Macky Sall lui même.
S’il est vrai que c’est  Dieu  qui choisit par le destin  quelqu’un pour diriger un pays pendant une période bien déterminée, il n’en demeure pas moins que le peuple n’a que le Président ou le leader qu’il mérite.
D’aucuns pensent que Macky est la personne qu’il fallait élire, d’autres pensent qu’il fallait choisir un moindre mal. Et pour citer un journaliste Sénégalais de la diaspora  qui disait : choisir entre WADE et Macky, c’est comme vouloir choisir entre Peste et Cholera.  Autrement dit Macky est-il devenu Président par accident?
Comment pouvons-nous expliquer l‘incapacité du  Président à bien gouverner ce pays ?
Pourtant Macky est connu pour son cursus politique fulgurant voire un habitué du pouvoir; mais il ne parvient toujours pas à capitaliser son expérience pour la mettre en exergue au service du pays. N’est  ce pas là une contradiction, lui qui parle de « yonnu yokuté »pour le pays ? Les causes peuvent être multiples mais nous pouvons en citer quelques unes d’ordre politiques :
-    Macky Sall a t-il le courage de dire non aux lobbies (financiers et autres...) ou à ses alliés qui lui imposent leurs intérêts qui ne sont pas forcement ceux de la nation ?
-     Macky se préoccupe t-il plus de l’assurance d’un second mandat plutôt que de la réalité  que vivent les populations au quotidien ?
-    Au lieu de s’ouvrir au pays développés acceptant un partenariat gagnant gagnant, il préfère plutôt se retourner vers le pays colonisateur pour permettre à ce dernier de récupérer ses avantages perdus.

A mon avis une telle ambition est  plus partisane que nationale car le fruit d’une telle politique ne profite qu’aux ayant parts du gâteau ETAT et développe par conséquent une société d’accaparement mais aussi renforce le creuset entre riches et pauvres.  Par ailleurs quelle lecture faisons-nous de l’adhésion  à l’APR, du ministre de la justice ?convictions politiques ou opportunisme au peuple de juger ? Mais une chose est certaine par cet acte posé, le ministre peut bien s’attendre à une instrumentalisation par l’exécutif, chef de l’APR.                                                                                                                        Face à tout cela, l’impuissance du peuple se met davantage en relief car il ne se constante à présent  que d’une amertume résignation. Mais attention  au syndrome  de l’Egypte, car une telle résignation peut bien se transformer en une « bombe latente ».Alors prions pour que cette dernière n’explose jamais puisque nous voulons un Sénégal de Paix. Pour ce faire il devient impératif  que le Président Macky Sall soit plus réaliste en acceptant  de remettre en cause sa vision pour se focaliser avec toutes les forces vives de la nation, sur de nouvelles orientations politiques ayant pour soubassement un projet de société pertinent à  l’image  du produit des Assises Nationales. Macky Sall doit cesser de perdre du temps en déplaçant les problèmes des populations sénégalaises au lieu de les résoudre.                                                                          Quelle honte quand le gouvernement se glorifie  de sa dette auprès du « club de Paris » au lieu de bâtir  un développement économique endogène en renforçant les (P.M.E) et en modernisant le secteur informel. Il s’agit là d’un patriotisme économique qui permettra de régler en grande partie  le chômage d’une part mais aussi cela permettra de s’ouvrir à de nouveaux bailleurs pour la majorité des nationaux afin de dire non au dicta de la banque mondiale et autres institutions financières internationales. Sachons le bien, ce n’est pas la bourse familiale de Macky (100.000f cfa  par an donc 273fca par jour) qui va éradiquer l’héritage de la pauvreté de père en fils comme le disait un conseiller du Président  à la télé. Mais c’est plutôt en appliquant le proverbe chinois «  au lieu de donner du poisson tous les jours il faut apprendre à pécher. »Il serait plus pertinent de développer des projets pouvant créer des sources de revenue aux enfants de ces familles bénéficiaires de  la bourse plutôt que de leur balancer une telle somme chaque année.                     Ce n’était pas de l’utopie quand les Assises Nationales disaient qu’il fallait une transition après Wade. En effet si Macky Sall au bout de 3 ans ne parvient pas à faire bouger les choses cela veut dire que le Sénégal va perdre 10 ans dans son développement. Puisque s’il est sanctionné en 2017 nous aurons perdu  5 ans et son successeur aura besoin d’une indulgence de 5 ans pour bien se mettre en place et là encore d’autres 5 ans perdus. Et si le Président Macky  Sall démissionnait au bout de 3 ans en organisant des élections présidentielles anticipées? Ce serait certes une folie pour les membres de son parti et pour ses alliés par contre aux yeux du monde entier ce serait  une preuve de patriotisme et d’humilité jamais égalée. Ainsi il marquera pour toujours l’histoire du Sénégal et de l’Afrique  à l’image de Senghor et de Mandela. Oui « Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu'on aime » (Jn 15,13)
Donc il n’ya pas de plus grand amour que acte de patriotisme que de reconnaitre  son incapacité à gouverner le pays  et de décider volontairement  de laisser la place à un autre compatriote a travers des élections anticipées et pourquoi pas combiner avec les locales de 2014 ? DENIS NDOUR
AIUSA
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Cet homme là, qui nous dirige maintenant est « le prêt-à-porter du wadisme en miniature ! »

Pour une suppression pure et simple des fonds politiques du président de la république ! Après la suppression du sénat et du poste de vice-président, celle des fonds politiques s’impose dés maintenant et sans conditions !

Pour autant et pour cause, aucune réforme potentielle n’est à l’ordre du jour pour assainir la bonne gouvernance et la salubrité publique. Macky s’attaque à son mandat présidentiel qui passe de 7 ans à 5 ans, mais passe sous silence la plaie béante et se garde bien de s’attaquer aux fonds politiques lesquels ne servent qu’à corrompre une certaine clientèle politico-conservatrice apparemment respectable. Motus et bouche cousue sur la question qui fâche.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que les fonds politiques restent incontestablement un label récurrent de mal gouvernance et une machine à corruptions au service de l’exécutif ubiquitaire. Le nouvel arrivant sous des oripeaux imaginaires de bonne gouvernance de rupture sobre, vertueuse, transparente et efficace, ne déroge point à la règle, au contraire, il ne pipe mot, mais fait profil bas malgré les beaux discours torrentiels. Les fonds politiques, caisse noire, fonds spéciaux ou fonds secrets, le mal est le même. Même si le vocabulaire mute comme un serpent. Quelles que soient les appellations des uns et des autres, ils ont la peau dure. C’est un scandale, une écharde au sommet de l’état.

Nos présidents sont-ils donc des affairistes cachés, qui se nourrissent de cette manne avilissante qui n’a que trop duré ? Un manque à gagner du contribuable astiqué comme un chiffon qu’on jette à la poubelle après l’avoir pompé bassement. C’est ridicule et honteux pour des gens aux mains déjà bien pleines !

A combien donc s’élèvent-ils réellement ? Les journalistes avancent la rondelette de 8 milliards, pour arrondir les angles, mais la somme exacte reste tout de même un secret d’état jalousement gardé, un tabou. Motus et bouche cousue sur ce scandale ubuesque, permanent de la république. Un petit rappel : 2007, en pleine affaire rocambolesque opposant et wade-idy, les « fonds secrets », « caisse noire », « fonds politiques », « fonds spéciaux », s’élevèrent, alors officiellement à 620 millions de francs Cfa, autorisés par l’assemblée nationale, pour atteindre finalement le chiffre astronomique de 14 milliards.

Peu importe donc ses qualités, mais cet homme là, qui nous dirige maintenant et nous promet une rupture des mots est « le prêt-à-porter du wadisme en miniature ! »

Mais le ver était nécessairement déjà dans le fruit, car les mêmes causes reproduisent toujours les mêmes effets. En apparence, ceux qui sont aux commandes sont blancs comme neige. Il paraît qu’ils sont en totale rupture avec les anciens adeptes de la dictature. Il paraît que la république retrouve ses marques d’antan pour égaler celle de la cinquième république normale. Une simple vue de l’esprit. Mais la réalité est tout autre. « La transparence médiatique » au service du politique masque par son écran de fumée.

Cure d’austérité ! La crise est passée par là, vie très chère, factures suffocantes du courant électrique, inondations intempestives, sans répit, jouant les trouble-fête, créant la désillusion monumentale et le moral des ménages en berne constamment, mais visiblement, le président lui-même bien ravitaillé vit sous les ors du palais avec l’abondance des fonds politiques, coulant à flot, à disposition, ainsi que l’oligarchie du centrisme clanique débridé, déjà gloutonné par le miracle du 25 mars dernier, d’une présidence à défaut et par dépit, comme si cela ne suffisait pas, sur fond de cure de culot d’une fondation bidon « servir le Sénégal » pour mieux se servir et servir politiquement son mari, eh bien, pour ces gens là, qui ne connaissent nullement la crise, mais n’en ont cure.

Contrairement aux idées reçues, les fonds politiques logés à la présidence de la république, résultent incontestablement d’une monarchie républicaine. Pour autant et pour cause, aucune réforme potentielle n’est à l’ordre du jour pour assainir la bonne gouvernance et la salubrité publique. Macky s’attaque à son mandat présidentiel qui passe de 7 ans à 5 ans, mais passe sous silence la plaie béante et se garde bien de s’attaquer aux fonds politiques lesquels ne servent qu’à corrompre une certaine clientèle politico-conservatrice apparemment respectable. Motus et bouche cousue sur la question qui fâche.

Cette caisse noire dite des fonds politiques constitue remarquablement une véritable usine dans l’art de la corruption massive et active, diligentée par le premier magistrat de la république. Ce n’est pas une démocratie, mais une dictature pure et simple ! Abdoulaye wade déclarait que Karim Wade, ministre de la Coopération internationale, des Transports aériens, des Infrastructures et de l’Energie, sûrement, des terres, des océans de la planète est plus intelligent et plus compétent que tous les leaders de l’opposition’. ‘’Personne dans l’opposition n’a la compétence économique et financière de Karim.’’ Et Macky suit la même logique décapante, faisant florès, sermonne : Je suis président de la république, je nomme donc qui je veux » ; un discours « soft fortement codifié », laissant entrevoir, en réalité, « ma tey lou manex def monou lenn ci dara ». Entre wade et son élève, la tonalité des discours se passe de commentaire. La même mécanique sémantique révulse par son caractère névrotique. Lequel des deux donc méprise autant les sénégalais ? La nomination obscure d’Aminata Niane au poste de « conseillère spéciale » relève incontestablement d’une autre dérive sémiologique plus que parlante, qui en dit long sur la nature de cette nomination à la fois burlesque, irrationnelle. Messieurs les Ministres et Ministres Conseillers, levez-vous et au garde-à-vous, fermez la tous donc ou démissionnez, en me rendant vos tabliers !  Conseillère spéciale, très emphatique ! Qu’est-ce qui se cache donc derrière cette nomination extraordinairement bizarre au moment où par comme hasard, une enquête préliminaire plus que fondée, diligentée par le Procureur de la République, chargée de faire la lumière sur la gestion du Projet de promotion des investissements privés (Ppip) logé à l’Apix que dirigeait Aminata Niane. Comme par coïncidence, cette dernière, « très inquiète », est reçue discrètement plusieurs fois, avant d’être nommée. Le moins qu’on puisse dire, c’est que cette nomination trop hâtive semble s’inscrire dans une logique d’histoire rocambolesque et hystérique, ambigüe et obscure. Comment peut-on prêcher à la fois la bonne parole d’une gouvernance de rupture sobre, vertueuse, transparente et nommer discrètement Aminata Niane, une personne présumée mouillée jusqu’au cou, décriée, coupable et capable des faits incriminés sur des histoires carambouilleuses, suscitant la curiosité du procureur, qui s’apprêtait, à faire toute la lumière sur la gestion du Projet de promotion des investissements privés sous la responsabilité de l’apix que dirigeait alors cette dernière ?

Peut-on vraiment parler d’équité, de moralité et d’indépendance de la justice supposée libre et libérée lorsque l’exécutif lui-même s’autorise tout, en étant juge et partie ? N’y a-t-il pas l’ombre d’un doute d’une politique à géométrie variable et réellement coupable des pratiques peu orthodoxes lorsque de petits larcins, pour leur grade, sont livrés aux chiens et traînés à la boue, à libre cours, sans répit, dans les tribunaux aux ordres, pendant que l’ex patronne de l’apix, choyée pour ses beaux yeux et non point pour sa compétence supposée, est épargnée ipso facto des audits audibles en la nommant conseillère spéciale ? Que dire des contradictions d’un régime au verbiage creux et verbeux, qui s’autoproclame vertueux et qui s’octroie librement le beurre et l’argent du beurre et les beaux yeux de l’infirmière ? Or dans la plupart des pays africains, dont le régime présidentiel est calqué sur le modèle de l’ancien maître, les mêmes déconvenues résultent en réalité d’une émanation monarchique, taillée sur mesure pour un seul homme, cette réminiscence ringarde qui ne dit pas son nom. Dans une contribution précédente, nous avions tiré la sonnette d’alarme sur les fonds politiques, cette dérive monarchique, car même avec seulement un seul mandat de 5 ans non renouvelable, le président peut mettre légalement et librement à l’aise dans son compte personnel 20 milliards en l’espace de 5 ans pour les beaux yeux d’un empereur, puisqu’il s’agit bien de cela. Le statut du président de la république fait de lui un monarque paresseux, qui vit éternellement au crochet de la république. Même s’il n’est plus président, il bénéficie incommensurablement d’une assistance élastique totalement inégalée que n’importe quel autre citoyen aussi méritant. C’est ridicule et insultant qu’il faudrait nécessairement réformer ces pratiques absolument délirantes, déroutantes et immorales. Rien ne peut justifier cette somme fabuleuse mise à sa disposition.

Sur les 8 milliards officiellement disponibles pour son compte personnel, admettons qu’il en distribue seulement 4 milliards chaque année pour sa clientèle politico-conservatrice, apparentée respectable, le calcul laisse apparaître incroyablement un gain d’au moins 20 milliards pour 5 ans, sur lesquels on rajoute une fortune déjà énorme, obtenue bizarrement sous le règne scandaleux du régime défunt le plus scandaleux de toute l’histoire politique de la république de l’indépendance à nos jours, dont il a été un acteur principal de premier plan, sans compter des villas à la pelle au coeur de la capitale et jusqu’à acquérir un somptueux château dans l’hémisphère nord, pendant l’alternance; lesquelles contrastent parfaitement avec ses possibilités très limitées d’antan pour un homme subitement aussi riche que crésus, en l’espace de moins d’une décennie, pour quelqu’un qui n’a hérité d’aucune fortune avérée connue jusqu’ici, alors qu’hier, le même homme tirait le diable par la queue en 1999. Alors, de grâce, un peu de retenue, d’humilité, messieurs les défenseurs acharnés, indéfectibles de votre soldat manifestement enrichi par le miracle de l’alternance de l’arnaque organisée, qu’est-ce que votre mentor a-t-il donc apporté à la république agenouillée par des lobbies aux allures ethno claniques sur fond de rancunes et de rapines politiques ? La question n’est plus de savoir qu’est ce-qui a porté les fonds politiques à 8 milliards, d’ailleurs un chiffre absolument fantaisiste, invérifiable ; opacité oblige, mais un président normal d’une république exemplaire doit convaincre par les preuves matérielles sur le terrain, avec des promesses en actions concrètes et non une gouvernance de rupture sobre, vertueuse, transparente et efficace sur fond de carapace !

On aura beau maquiller broc à bric le produit de parues pour bien le vendre sur le marché, mais quelles que soient les notices et les retouches nécessairement transcendantales au nom d’une image trans-internationale pour la présenter sous de faux postulats, il n’en demeure pas moins qu’elle porte en elle-même l’estampille nocive, éternelle de wade devant l’éternel, puisque la substance magico- moléculaire laisse apparaitre nettement des défauts de fiabilité, car nous en avons déjà un goût mer.

Le combat continue !
 Ahmadou Diop


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